Il est arrivé comme n’importe quel autre voyageur, sourire aux lèvres et sac sur les épaules. Les présentations sont vite faites : il vient de Finlande et visite la région pour quelques jours. Après trois semaines entre filles, la chambre se révèle être mixte. Résolues, nous ne nous étonnons pas plus que ça et poursuivons nos activités quotidiennes. Mais nous n’avions pourtant pas encore expérimenté le majeur problème qui se pose lorsque nous partageons une chambre avec des garçons : le ronflement. Jusqu’alors, il faut dire nous avons été plutôt chanceuses et n’avions pas encore souffert de cet inconvénient.
Déjà quatre nuits qu’il ronfle. Ça débute assez discrètement, comme un bruit de fond régulier. Et puis, ça s’amplifie de façon incroyable, jusqu’à l’imitation quasi-parfaite d’un A380 au décollage, entrecoupé de pauses plus ou moins longues pendant lesquelles tu te demandes s’il est encore en vie ou si sa glotte a définitivement bouché l’arrivée d’air. Parfois tu te prends à espérer que la seconde proposition soit vraie.
J’avoue n’avoir pas beaucoup dormi la première nuit (pour Nathalie, c’est moins un problème, elle s’effondre comme une masse à 9 heures du soir). Et, puis, les autres nuits, bizarrement, j’ai dormi. Le tout est d’essayer d’attraper le sommeil avant qu’il ne se mette à ronfler. Il faut donc guetter le moment où il va au lit et être prête à dormir dans la minute parce qu’il s’endort vite le bougre !
Et puis finalement, nous avons inventé un jeu : surveiller la tête des autres au matin. Nous avons eu beaucoup de passage ces derniers jours, la plupart ne restent là qu’une nuit avant de retourner sur Cairns. Tour à tour, un allemand, un italien, un australien. Tous ont fondu un plomb durant la nuit : l’allemand s’est levé deux fois pour le secouer, l’italien l’a insulté, l’australien a bourriné des coups sur son matelas. Au matin, la première phrase qu’il nous ont dite n’était pas « bonjour, bien dormi ?» mais plutôt « c’est pas possible comme il a ronflé ce gars !! ». C’est vrai qu’on s’est bien gardées de les prévenir, c’est tellement plus drôle de les voir s’agiter !
Il est enfin parti et j’avoue que nous dormons beaucoup mieux. On est plus motivées que jamais pour trouver un appart…
Le koala aux oreilles sensibles,
Adeline