« Il ressemble à un singe » me disent mes colocataires quand à 9h20 du matin j’allume la chaîne SBS et essaie de comprendre ce que me dit David Pujadas. Il faut pardonner, ils ne comprennent pas le français alors ils regardent les images. Et David est très différent des présentateurs refaits des infos australiennes. Mais lui au moins ne se fait pas couper la parole toutes les dix minutes par une pub pour une assurance vie. De loin mes préférés d’ailleurs.
J’écoute les infos, mon café trop chaud à la main, comme à Bowen. Sauf que je ne me réuni pas avec des français mais avec une allemande (qui comprend le français) une finlandaise et un coréen curieux de ces infos si longues. 40 minutes ! Ca les étonne comme moi les 15min du journal de Brisbane. Je ne peux voir David ou Laurent qu’une à deux fois par semaine alors des fois je suis un peu perdue. Le fichier Edwige, un petit garçon qui disparaît, les athlètes paralympiques, les élections du sénat. David croit que je le regarde souvent alors il ne m’explique pas. Alors quand j’ai un contact téléphonique avec la communauté française je demande des explications. Ce besoin de comprendre les infos françaises, c’est pour rester en contact bien sûr, mais c’est aussi parce qu’elles sont plus complètes que les infos australiennes. Plus courtes et dont la partie internationale se résume au meilleur des cas aux élections américaines. Mais la plus part du temps on a droit à un débat sur le bébé de Nicole qui s’appelle Dimanche en Anglais. Le choc quand on compare les deux, Adeline l’exprime très bien « C’est vrai qu’on est protégé ici ». Certains aiment cette sensation d’être coupé du monde, moi je suis frustré de cette édulcoration. Cette super-protection qui met des avertissements sur la jacquette du DVD d’Harry Potter ou des interdictions au moins de quinze ans sur des films que je regardais quand j’en avais 10 ou 12. Aucune pub n’a d’humour noir ou de créativité d’ailleurs. Même la nourriture est cachée par la friture. Alors merci à David Pujadas et Laurent Delahousse pour nous donner un semblant de vrai. Même si c’est parfois de la douleur.
Nathalie, le petit koala informé