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Prénom Nathy et Ade
Age 25
But du voyage WH Visa
Date de départ 19/02/2008
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Durée du séjour 1 an
Nationalité France
Description
Il était une fois dans le Sud sauvage et inhospitalier, les Koala Dundee Sisters partirent à la découverte du grand continent rouge...
Note: 4,9/5 - 645 vote(s).

Pays visité(s) :

Tous
France (Carte)
Australie (Carte)

De la lune à la Terre

 28-04-2009 -  Australie

Que se passe-t-il quand le film est terminé, quand le générique défile et que la vie des personnages semble suspendue ?

Dans un message qui nous était adressé sur le site, une jeune fille qui s’apprêtait à partir à son tour en Australie s’étonnait d’obtenir une réponse de notre part, et de se rendre compte que les personnages existaient vraiment.

Les Koalas Dundee Sisters existent vraiment. Dans le vrai monde, sans kangourous et où les jeans se rangent dans l’armoire. Moins drôle vous pensez ? Ca reste à voir !

Lorsque votre avion atterrit sur un nouveau territoire, votre premier contact avec la population locale passe par une rencontre toujours un peu impressionnante, celle des douanes. En Australie, notre contact avec les douanes c’était d’abord Mitch, le blond australien qui expliquait patiemment aux françaises quoi cocher sur la déclaration. C’était aussi les tests pour vérifier si nos bagages portaient la trace de produits explosifs, mais tout ça en souriant. A Singapour, un agent me rassurait et me disait de ne pas paniquer lorsque je cherchais frénétiquement mon passeport et des petits bonbons étaient offert à ceux qui faisaient une escale, si vous ne transportiez pas de drogues bien sûr.

Le 17 février 2009 nous avions hâte de rentrer en France. Un peu fatiguées, un peu lassées aussi d’attendre. La dernière semaine, nous avions remplis nos objectifs, nous n’avions plus de projets à mettre en ½uvre et de toute façon, plus de moyens financiers. Alors lorsque la petite voix de Singapour Airlines a annoncé notre arrivée à Paris, les craintes de quitter l’aventure ont été remplacées par cette douce sensation : nous rentrons à la maison.

Sensation confirmée donc avec notre premier contact avec la population française. Surtout penser à parler en français !!

« Bonjour. Papiers s’il vous plaît. Merci ». J’ai eu beau préparer mon sourire pour changer le monde, je n’en ai pas en retour. Tant pis, je récupère mon passeport et file vers la seconde étape. « Rien à déclarer ? » « Vous êtes sûre ? » « Vous n’avez rien acheteé de suspect ? ». Mais non, monsieur. La valise est pleine à craquer de souvenirs de backpacker pauvre et non pas d’opales achetées au marché noir. Alors si on pouvait éviter d’ausculter mes peluches douloureusement enfoncées entre mes tee-shirts et ma trousse de toilette ce serait un bon accueil. Rien que de penser à l’effort qu’il me faudrait pour refermer cette valise, j’en ai des sueurs froides.

Moi qui me plaignait du côté bisounours en surface des australiens, « je te connais depuis cinq minutes, tu es mon meilleur ami », je retrouve la vraie sincérité française accordée au climat. Zut.

Suivra un petit passage par le R.E.R. pour retrouver Fanny. Premier retard et près de nous, une femme aborde d’autres personnes pour s’insurger contre la politique de Sarkozy en Guadeloupe. Il va falloir se mettre à la page, parce que ce qui se passe en Guadeloupe nous n’en avons aucune idée. Cela viendra plus tard.

Le lendemain, nous nous apprêtons à rentrer dans notre vrai chez nous. Le sud. L’avion qui nous amène à Toulouse sera le dernier d’une formidable série. Après une heure en compagnie de stewards excentriques et heureux, nous suivons le couloir qui va nous amener au hall des arrivées. J’entends Adeline à mes côtés s’exclamer « Ade et Nathy !!». Nous sommes déjà dans le hall et nos familles nous attendent, banderoles à la main. On vous laisse imaginer ce que deux familles et deux jeunes filles peuvent émettre comme décibels, embrassades et larmes lorsqu’elles se retrouvent après un an d’absence. Quelques discussions autour de cafés et, oh bonheur, d’oranginas plus tard, les deux familles finissent par se séparer. Il est de temps de ramener chacune des fifilles dans sa maison, à chaque bout de Midi-Pyrénées. Après un an sans s’être séparéesplus de quelques heures je dis au revoir à ma copine. C’est seule que nous allons retrouver notre place respective. Entre un mélange de familiarité et de distance, je refais le chemin à l’envers. Tout redevient très vite normal, loin de la sensation de choc à laquelle je m’étais préparée. Mais le choc est pour un plus tard. D’abord, quand arrivant à la maison, ma s½ur m’attend dehors avec sa petite fille dans les bras. Enfin je fais la connaissance de ma filleule et je peux serrer sa maman dans mes bras. J’ouvre la porte de la cuisine, lance une remarque sur la nappe que ma mère a installée et obtient le choc tant espéré en entrant dans le salon. Dans la pièce décorée spécialement par ma s½ur, je redécouvre ces amis qui m’ont tant manqué et nous ont soutenus pendant notre voyage. Je retrouve ma maison comme si je ne l’avais jamais quittée, les saveurs du Gers et ses discussions qui les accompagnent. J’impose à mes invités une inévitable dégustation de végémite, qui a grand succès. L’Australie a rencontré la France.

On retrouve les informations de 13h pour lesquelles on se levait à 9h20. On retrouve la succession de démarches administratives pour trouver un avenir. On retrouve l’entourage plus ou moins proche. On retrouve la nourriture et le café noir. On retrouve les potins qu’on a manqué et les débats de société. On retrouve les questions que l’on avait laissées derrière soi avant de partir.

« Alors Nathalie c’était comment l’Australie ? », « Tu as vu des kangourous ? », « Tu as bronzé dis donc ! », « Ils sont comment les australiens ? »

Partager cette aventure, oui, mais en réalité, c’est déjà fait. On a écrit le carnet. On sait que l’attention sera courte et cela tombe bien parce que nous ne voulons pas vivre sur nos trophées. Le but du jeu sera donc paradoxalement de faire oublier cette expérience, pour être plus que ça.

Les mêmes questions, oui, mais pas les mêmes armes.

 

Nathalie




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Pretty woman

 01-03-2009 -  Australie

Le second soir donc, nous rentrons de notre découverte de Singapour exténuées mais ravies. Pas besoin de salle de gym ni de sauna quand on peut pratiquer du sport dans un décor naturel. On repose nos papates quand arrive le drame: le téléphone clignote. Ça veut dire qu’il y a un message. Ah non, zut, je ne veux pas téléphoner! Pas à 8h du soir et non préparée psychologiquement. Heureusement, au Shangri-La, on nous laisse aussi un message papier dans une enveloppe type « accusé de réception ». Le fantôme des 2000$ nous aurait-il suivi? Que neni. Après avoir déchiré fébrilement l’enveloppe, Adeline découvre seulement que, comme on quitte l’hotel le lendemain, la réception souhaite nous parler pour organiser notre départ. Bref, nous trouver un chauffeur. Comme le nôtre est déjà réservé, on ira demain avant le petit-déjeuner. Et puis on a quelques problèmes existentiels:

On connaît le fonctionnement des backpackers. Check out 10h. Tu rends la clé, ils te rendent ta caution. Tu descends tes valises. Mais là nos valises ? On nous les a montés, va-t-on nous les descendre? Où nous attend le chauffeur ? Faut-il aller à la réception avant de partir ? Faut-il rendre la clé ?

Avant d’aller rejouer aux bourgeoises près du buffet, on descend dans le hall et on demande au premier employé qu’on trouve où l’on doit se diriger. Il laisse tout tomber pour lire notre message et nous diriger vers la réception, tout ça avec le sourire. Dans ce genre d’hôtel, il y a toujours quelqu’un pour répondre à tes questions sans jamais te regarder comme une débile. La jeune femme arrive et nous dit ces mots divins « vous n’avez rien à payer ». C’était donc bien gratuit. Pour de vrai, même le panier de fruits. Enfin, disons plutôt qu’on a surement payé avant avec le prix de la chambre. Adeline demande pour le pris de la chambre et là horreur. « C’est très simple. Vous téléphoner à la réception et on vous envoie quelqu’un ». Téléphoner. Zut. Est-ce qu’on va comprendre. Enfin pour le moment c’est l’heure de manger. On a commencé à se détendre dans la salle du petit-déjeuner. On a remarqué que d’autres étaient aussi émerveillés que nous, que certains prenaient des photos et que d’autres portaient des chaussures de randonnée. Si nous avons pu nous le payer, c’est que les classes moyennes le peuvent. De retour dans notre chambre, arrive un pur moment de western. Les yeux dans les yeux, chacune essaie de faire le plus pitié à l’autre. Adeline a gagné. J’ai décidé de me porter volontaire pour appeler la réception concernant les bagages. Me rappelant que j’ai des talons je donne de la confiance à ma voix et essaie de retrouver mon meilleur accent anglais. « Bonjour, nous sommes la chambre 1359 (je me doute qu’il le sait déjà), nous sommes prêtes à partir. Est-ce-que vous pouvez nous envoyer quelqu’un pour les bagages ?» Et voilà, ce n’était pas si désagréable que ça de jouer à la riche. Quelques courtes minutes plus tard, la porte sonne et un porteur vient chercher nous bagages en nous indiquant que nous pouvons partir et qu’il nous rejoindra en bas. En bas, oui mais où ? Une dame téléphone pour nous faire savoir que notre chauffeur est arrivé. Elle nous indique un fauteuil dans lequel attendre. Voilà alors notre porteur qui arrive pour nous prévenir que notre chauffeur est là tout en tendant mes lunettes de soleil qu’il a récupéré sous ma valise. Ce ne sont visiblement pas des Gucci mais il a le tact de faire comme si. Devant la voiture, toujours intérieur cuir, une réceptionniste a quitté son poste pour nous faire la conversation et faire semblant de s’intéresser à nos vies pendant que nos valises sont chargées dans le coffre. Le portier nous ouvre la porte de la voiture. Adeline est toujours un peu surprise par cette procédure ce qui illumine le sourire du portier. On pourrait presque croire qu’on va vraiment leur manquer quand ils nous disent au revoir. Avant de se rappeler qu’ils sont payés pour.

Le luxe constitue un monde dont nous n’avons pas forcément toutes les clés. Mais les KDS apprennent vite.


Nathalie, le petit koala surclassé.


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Backpacker 5 étoiles

 01-03-2009 -  Australie

Des pas précipités se rapprochent de nous lorsque j’entreprends d’ouvrir la porte de l’hôtel dans lequel nous logeons. C’est le réceptionniste qui s’est presque mis à courir pour m’ouvrir la porte. Nous ne sommes plus dans un backpacker mais dans un hôtel 5 étoiles, le Shangri-la, l’équivalent du Ritz.

Les sacs sont réparés par du scotch, les filles portent leurs doudounes en solde à la main par 35°, les pantalons sont recousus main lorsque le chauffeur vient avec sa BMW nous chercher à l’aéroport. Siège en cuir et assez de place pour dormir dans le coffre. Ce n’est que le début. On roule sur la rocade bordée de fleurs en s’émerveillant déjà. En arrivant devant l’hôtel nommée Shangri-La on se dit qu’il doit y avoir une erreur. Non, c’est bien là que le chauffeur s’arrête et que les portiers et porteurs se précipitent sur nous pour ouvrir les portes de la voiture et prendre nos valises. Les employés ont un petit sourire amusé mais tendre devant nos regards émerveillés et notre maladresse. Nous ne sommes pas blasées par leurs services et nous ponctuons chacun de leur geste par un « merci beaucoup ». Devant tant de qualité nous avons une pensée émue pour Bundaberg.

Dégoulinantes de sueur et à peine présentables, nous avançons la tête droite, essayant de garder le peu de dignité qu'il nous reste, vers la réception. Vous voyez « Pretty Woman » ? Mis à part que nous n’exerçons pas le plus vieux métier du monde, c’est nous. Je m’adresse au réceptionniste, juste le temps qu’il comprenne que la carte bleue qui a été utilisée pour réserver est celle d’Adeline. Elle devient alors l’homme du couple. C’est fou le pouvoir de ce petit morceau de plastique. L’anglais de notre hôte est impeccable mais son accent terrible. Je comprends un tiers de ce qu’il dit et jette des regards inquiets à Adeline qui semble maîtriser la situation. Son expérience, en tant qu'employée, dans un 3 étoiles lui permet de comprendre que « complementary » veut dire « gratuit » et pas en supplément. Mais ça on aura beaucoup de mal à le croire par la suite.

Le réceptionniste quitte son poste pour nous montrer la chambre. Il aurait pu nous dire « 13ème étage, chambre numéro 1359 », mais c’est le Shangri-La. Au sol de l’ascenseur, un tapis où est inscrit « Sunday ». Ce n’est pas le nom de l’ascenseur comme nous le pensions au départ, c’est que nous sommes dimanche et que chaque jour le tapis sera changé avec le nom du jour de la semaine. Comme ça pas besoin de se poser la question. Les portes s’ouvrent sur un couloir qui donne le ton, chandeliers et balcons avec vue sur la piscine.

1359. Jimmy, comme il se nomme, ouvre la porte sur une chambre plus grande que mon appartement à Toulouse. Il insère notre carte-clé dans son socle et toutes les lumières s’allument. Posé sur la commode, un panier de fruits que nous n’oserons pas toucher avant le dernier soir. Une immense télévision avec une centaine de chaînes de toutes langues. Un bureau avec du papier à lettres au nom d’Adeline, un accès internet et téléphonique et les derniers magazines. Une baie vitrée avec rideau électrique et toutes sortes d’éclairages dirigés par des interrupteurs à côté du lit. Enfin des lits. Lits censés être pour une personne mais dans lesquels on peut facilement dormir à deux. Tout ce petit bonheur reposant sur une moquette moelleuse. Les bagages arrivent un peu après nous et sont déposés dans un petit cabinet prévu à cet effet. Lorsqu’on ouvre les portes de l’armoire, cela déclenche immédiatement la lumière intérieure. On découvre ainsi une table et un fer à repasser. Sur le sol, un contenant où peut déposer ses chaussures si on veut se faire cirer les pompes. On envisage un instant d’y déposer les tongs ou les chaussures de marche... Un service nous est proposé si l’on souhaite faire nettoyer son linge. Bref, pour qui en a les moyens, il suffit de demander et le Shangri-La s’occupe de tout. Nous n’avons vu que la chambre.

Passons à la salle de bains dont le sol est en marbre. A l’entrée on peut choisir entre lumière relax ou éclairage total. Douche ET baignoire. Deux éviers devant d’immenses miroirs et des étagères d’échantillons de shampoing, gel douche, crème hydratante, fleur de douche… Peignoirs blancs et serviettes de toutes tailles sont à notre disposition. Dans la douche, le dispositif permet de choisir la parfaite température et pression et on peut s’asseoir sur un petit siège... en marbre. Les toilettes sont évidemment à part, derrière une porte coulissante en bois. Le bonheur suprême c’est évidemment la baignoire. Un petit coussin adhésif est fourni pour être bien installée. Des sels de bains parfument l’eau et surtout, surtout, face à l’endroit où je m’apprête à poser ma tête, trône une petite télévision avec télécommande protégée dans sa pochette. Installée confortablement, j’ai donc pu apprécier un drame coréen, bien entendu sous-titré en anglais. C’est la classe.

Après une petite sieste et un grand débarbouillage, les estomacs se réveillent. On s’habille le mieux possible en se préparant à affronter le monde du Shangri-La. Bref, le couloir, l’ascenseur, et la sortie. A chaque seconde, on s’attend à ce que quelqu’un nous demande de quitter l’hôtel ou payer 2000$ de plus. Jusque là, tout va bien. On atteint le hall d’entrée mais pas le même qu’à l’arrivée. On retrouve la sortie sans trop avoir l’air perdue. Il n’y a pas de sortie pour les piétons. Au Shangri-La il n’y a pas de piétons … à part nous. Les clients qui souhaitent se déplacer commandent une voiture. Mais les Koalas Dundee Sisters aiment marcher. Ça tombe bien.

A notre retour, le lit a été refait alors qu’on a à peine fait une petite sieste dedans. De petits chocolats trônent sur nos tables de nuit. On reteste la salle de bains pour éliminer les 35° et l’humidité de Singapour. On s’allonge pour regarder une série de Singapour dans laquelle les héros répètent 5 fois en une demi-heure « Les traficants de drogue sont condamnés à mort à Singapour ». Le message est passé mais ne nous empêche pas de dormir sur le matelas le plus confortable de mémoire d’homme.

Le lendemain matin nous attend notre petit déjeuner « complimentary ». « Smart casual ». C’est le style de la tenue que nous sommes censées porter. Classe mais décontractée. Ah. Petit tour de nos possessions. Tour rapide comme vous pouvez vous en douter. Talons, ça au moins on a. Petit haut non taché de terre rouge. Et pantalon à peu près potable. Certes le bas de mon jean commence déjà à être usé mais bon le grunge, c’est à la mode, non ? On passe même par l’étape maquillage. On prend nos clés et les cartes d’invitations en se dirigeant vers l’ascenseur. Aïe, il y a trop de touches. On demande à un monsieur pas très joyeux qu'il appuie sur le numéro 1. A peine sorties de l’ascenseur, un portier ou autre employé nous dirige pour le petit-déjeuner vers une salle dont le plafond est presque aussi haut que celui de ma maison. Là, un homme en costume nous dirige vers une table pour deux. On se croirait au restaurant lorsqu’un serveur nous amène le menu. Aucun prix dessus mais on fait confiance à notre ami Jimmy qui avait précisé « gratuit ». Pancakes, ½ufs Bénedicts, yaourt… tout ce qu’on veut, servit sur notre petite table. En rentrant, Adeline a déjà remarqué le buffet à volonté où reposent les fruits, viennoiseries, fromages, saumon fumé… Jus de mangue et café qui sont remplis dès que la dernière goutte est absorbée. Service au petit soin et décor de rêve, on se promet de se lever de bonne heure le lendemain matin pour bien en profiter avant notre départ.

Nous procédons à la visite de l’hôtel, en particulier le tour de la piscine, les courts de tennis, les jardins. Je me demande à chaque fois si je peux m’asseoir sur les fauteuils disposés un peu partout ou si quelqu’un va me demander des comptes. On lèche les vitrines des restaurants de l’hôtel. Ceux probablement fréquentés par un autre public que le backpacker qui a payé sa chambre en faisant la vaisselle. Une magnifique salle de gym avec vue sur la mer me rappelle qu’être riche aide à avoir la taille mannequin. Mais pas de panique, nous nous apprêtons, nous aussi, à faire du sport en traversant les différents quartiers de Singapour.

Le koala surclassé, Nathalie


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Dernières heures australiennes

 23-02-2009 -  Australie
Les derniers jours du voyage

Comme toutes les bonnes choses ont une fin, notre aventure d'un an se termine...sous la pluie! Sydney accueille nos derniers jours avec des trombes d'eau ininterrompues. On passe nos deux dernières journées à courir de galeries marchandes en magasins afin de remplir nos valises de souvenirs pour la famille et les amis. Au risque de se faire arrêter à la douane pour traffic de kangourous en peluche! Comme des condamnés prêts à monter à l'échafaud, on égrenne nos souvenirs et on contemple, nostalgiques, notre dernier café latté, notre dernier Starbucks ou notre dernier verre de bière, à l'endroit même où nous avions pris le premier, un an plus tôt.
Mais le temps file à toute vitesse. Pour notre dernière nuit, pas moyen d'aller nous coucher de bonne heure, on a décidé de sortir et d'en profiter au maximum. Notre compagnon dévoué volontaire, c'est Martin, qu'on a retrouvé derrière son comptoir à kebabs à Circular Quay.
Une dernière soirée à Sydney ne peut pas se faire sans une petite bouteille de vin blanc sur les quais de Darling Harbour, la seule chose qu'on n'avait pas prévue, c'est évidemment la pluie qui va nous accompagner sur le trajet. Mais pas une petite pluie fine qui perle les vêtements, non, un déluge continu qui va nous tremper jusqu'aux os alors que nous courons en talons hauts à travers les rues presques désertes. Nous ferons bien rire les serveurs huppés de Darling Harbour avec notre look dégoulinant...On va ainsi passer la nuit, entre rires et débats nostalgiques, quelques verres dans les bars et un peu de musique.
De retour au backpacker, autour de trois heures du matin, et comme on doit être debout dans moins de deux heures, on décide de publier un dernier article sur internet et de consulter nos mails. Sauf qu'au bout de trente minutes, Nathalie remonte dans la chambre pour aller s'allonger un peu, me laissant seule avec l'ordinateur. Le problème, c'est qu'elle va emporter également mes clés et que je vais me retrouver enfermée dehors à cinq heures du matin. Et quand Nathalie dort, tu as beau tambouriner à la porte, elle n'entend rien! Me voilà épuisée dans le couloir, l'ordinateur sous le bras, la tête appuyée contre la porte, envisageant un instant de fermer les yeux et dormir là...Jusqu'à ce qu'un éclair de génie me vienne et que je l'appelle sur son portable. ça peut paraitre évident mais à cinq heures du matin, après avoir écumé les bars de Sydney, pour moi, ça l'était moins. Un visage renfrogné et décoiffé viendra qund même m'ouvrir la porte et je vais pouvoir fermer les yeux quelques minutes...
Six heures trente du matin, on est déjà à l'aéroport, grosses cernes sous les yeux mais la fatigue nous empêche de réaliser clairement qu'on quitte l'Australie pour de bon. Le temps d'enregistrer nos valises et nous voilà déjà dans l'avion. Je ne remarque même pas le moment où l'on quitte le plancher des vaches car ma voisine de droite, une Philippine bavarde, m'a déjà accaparée. En moins de deux heures, je connais déjà tout de sa vie, j'ai même droit à la photo de son chien qui lui manque tant. Nathalie, sur ma gauche, fait semblant d'être terriblement absorbée par son écran. Je précise que, malgré tout, elle n'échappera pas non plus à la photo du chien...
Le voyage jusqu'à Singapour se passe sans encombres, je réussis même à faire comprendre à ma nouvelle amie philippine que je suis en dette de sommeil. Singapore Airlines nous surnourrit, je ne sors de mon coma que pour pendre mes repas avant de replonger en sommeil profond. Nathalie ingurgite des films en anglais sous-titrés en chinois. Finalement, on ne voit pas le temps passer, il est déjà temps d'affronter les 35°C humides de Singapour...

Le (bientôt plus) koala,
Adeline


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Luxe, calme et volupte

 16-02-2009 -  Australie

Visite de Singapour. La chaleur et l'humidite nous collent a la peau mais la ville est incroyable. on vous rapporte un max de photos! l'hotel Shangri la est "pretty womanesque", on est au paradis! Mais il faut deja penser a rentrer car demain, nous prenons l'avion pour Paris...

a tres tres vite maintenant...

les KDS


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Tout va bien a Singapour

 15-02-2009 -  Australie

Juste un petit mot pour rassurer tout le monde. comme prevu les portables ne passent pas mais on est bien installe dans notre chambre 5 etoiles. on explore la ville, c'est tres joli et chaud. on vous ramene des photos.

Gros bisous des (encore) KDS


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Melbourne a obtenu justice. Le soleil de nos 6 premières semaines en Australie est fini. Nous voyons Sydney, comme nous avons si souvent vu Melbourne, sous des trombes d’eau interminables. Ce n’est pas que la ville pleure notre départ. C’est que, comme un DJ qui finirait la soirée par de la mauvaise musique, elle nous donne le signal de partir. La fête est finie, il va falloir dessoûler maintenant.

Devant la boîte de nuit, l’air frais fait reprendre ses esprits. Encore un peu éméchées de la soirée, on fait le bilan. Des gens à qui on a parlé, de ce qu’on a vu, de ce qu’on a vécu, entendu et ingurgité. Ce qui va nous manqué ou pas. Ce qu’on a appris. Ce qui nous attend.

 

L’instabilité de cette année était finalement devenue une routine confortable.  « Jusque là tout va bien ». Euphorisées de revoir les gens qu’on aime, le pays que l’on connaît. Stressées d’avoir à retrouver sa place dans un monde qui n’a pas eu besoin de nous pendant un an. Un petit univers qui a vécu et changé sans nous. Comme notre entourage a ressenti cette année  et notre voyage ? Qui nous a suivi, qui non ? Que c’est-il passé sans nous ? Aura-t-on encore une place ? Ou plus angoissant encore, aura-t-on la même place qu’avant ?

 

Une année pour découvrir un continent lointain, oui, mais pas seulement. Une année pour prendre du recul. Pour prouver aux autres et à soi-même qu’on pouvait aller au bout d’un projet, prendre des risques et changer.

A mon arrivée à Sydney, je n’osais pas regarder les gens dans les yeux et sourire. Aujourd’hui de retour, je le fais systématiquement. On s’impose, on pose des questions, on aborde des gens, on parle de tout et n’importe quoi avec n’importe qui et on ne stresse que si on est pris entre un ouragan et un tremblement de terre. Du progrès. On apprit à prendre de la confiance et du recul.

 

Et maintenant ? Alors que le retour se compte maintenant en jours, l’avenir est terrifiant. D’autant plus lorsque les nouvelles de France ne parlent que de crises et difficultés financières. Plein d’angoisses donc. Mais plein de projets aussi.

Traverser 16000 kms, cela servait aussi à apprendre quelque chose d’essentiel : on peut. Après tout qui y croyait ? Lorsque nous avons ouvert les paris au début de notre aventure pour savoir combien de temps nous tiendrions, peu avait répondu un an. Encore moins, sans doute, aurait pensé que nous serions de celles qui prendraient cet avion. Dans ce pourcentage, il y avait nous. Pourtant nous sommes partis et nous avons tenues la durée prévue. Alors, maintenant, nous n’avons plus d’excuses.

 

Parce qu’il n’y a réellement qu’une chose vraiment terrifiante, c’est de se retourner dans quelques temps et de s’apercevoir que la seule chose qui nous tenaient à c½ur que nous avons eu le courage de porter jusqu’au bout, la seule chose dont nous sommes fières, notre seul défi,  c’est un voyage en Australie que tout le monde aura depuis longtemps oublié.

 

Nathalie le petit koala à l’avenir devant lui.

 

 

 

 


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Pot pourri Melbournien

 10-02-2009 -  Australie

Pot-pourri Melbournien

 

Dernière ligne droite pour les KDS. On profite un maximum de la ville de Melbourne qui accueille nos derniers jours sur le sol australien. On la re-découvre avec les yeux émerveillés de nos premiers moments. Justice doit être rendue à cette ville que nous avions un peu négligée, aveuglées par notre amour inconditionnel pour Sydney. Finalement, on se rend compte qu’on n’y avait passé que trop peu de temps pour l’apprécier à sa juste valeur. Et puis, c’est vrai qu’on ne l’avait vue que sous la pluie jusqu’alors.

Melbourne sous le soleil, c’est quand même beaucoup plus sympathique. Encore faut-il que ledit soleil ne tape pas trop fort. La semaine où nous sommes arrivées, Melbourne enregistrait une vague de chaleur inédite, avec des températures frôlant les 44°C. Samedi dernier, le thermomètre a montré un pic de 46.4°C à 3h de l’après-midi. C’est justement le jour qu’on avait choisi pour déménager de backpacker et traverser la ville avec nos sacs sur le dos ! A l’arrivée, mauvaise surprise, pas de place pour nous alors que la veille, la bonne femme nous avait assuré qu’il y en aurait. Presque 50°C dehors, trois tonnes d’affaires éparpillées sur le trottoir, trois gersois et une tarnaise en version « recherche de solutions d’urgence pour hébergement ». Au final, on aura de la chance qu’une chambre de 4 se libère vers 11h, il nous faudra attendre 14h pour emménager dans nos nouveaux quartiers. Entre-temps, on va attendre dans une pièce commune de l’auberge non climatisée, échoués sur des canapés, scotchés par la chaleur et incapables de bouger le petit doigt. Une fois l’installation faite, il fallait bien sortir chercher à manger en ville, nous voilà donc à nouveau dehors, à l’heure fatidique de 3h de l’après-midi. La ville entière semble plongée dans une fournaise. Le vent balaie les rues presque vides, s’engouffre dans les passages et soulève des nuages de poussière. On pense qu’un peu d’air va nous rafraichir mais le vent est pire que tout et vient te brûler les jambes. Les pièces de monnaie dans les poches sont chaudes, impossible de mettre un pied nu sur le sol. On se réfugie dans un boui-boui qui vend des pizzas (deux tranches et une cannette de coca pour 2,50 euros), la clim est à fond mais n’arrive pas à rafraichir l’atmosphère, on transpire à chaque mouvement. Finalement, on passera la fin d’après-midi dans le seul endroit vraiment frais qu’on aura trouvé : un Starbucks café. Lorsqu’on en sort, il a plu un peu et la température a incroyablement chuté. Car le climat de Melbourne, c’est ça. Imprévisible et extrême. Depuis ce jour, on a perdu 26°C, le temps est nuageux et frais, on se couvre avec nos gilets. « Quatre saisons en un jour » disent les melbourniens. On comprend maintenant.

Il faut qu’on rassure les nombreuses personnes qui nous transmettent leurs angoisses face aux feux ravageant actuellement les environs de Melbourne. Apparemment, la situation ici fait les gros titres chez vous aussi ! On suit l’évolution des choses au jour le jour, on achète les journaux et un écran géant à Federation Square, la grande place de Melbourne, donne quelques nouvelles. Apparemment, les conditions semblent s’améliorer malgré les lourdes pertes humaines et matérielles. L’Australie n’avait pas connu ça depuis 26 ans et certains feux auraient été intentionnellement allumés. La chasse aux pyromanes est ouverte. Quelques routes principales et lignes électriques avaient dû être coupées mais les choses reviennent lentement à la normale.

Ici, en ville, on ne risque rien, pas un signe de fumée. Que nos mamans se rassurent, Melbourne n’est pas en flammes et la vie continue de façon normale.

On a assisté aux célébrations du nouvel an chinois, on a aussi dignement fêté mon anniversaire avec un resto coréen et un peu de vin partagé avec nos copains.

On commence à considérer les choses qu’on va emporter et ce dont on n’a plus besoin. La tente et les matelas iront à Morgane et Laurine qui débutent leur aventure d’un an en Australie. Karine récupère quelques vêtements. Le reste ira à la poubelle !

On tâche au maximum de profiter de nos derniers instants, c’est bizarre de se dire que dans moins de deux semaines, on sera à la maison, emmitouflées dans un gros pull. Pour l’instant, on est encore installé aux terrasses des cafés, tongs aux pieds, entourées des immenses buildings de verre et bercées par le bruit régulier des trams. On recense toutes les choses qu’on a appris à aimer et qui vont nous manquer mais aussi toutes celles qu’on ne regrettera surement pas ! Et toutes les bonnes choses qu’on va manger à notre retour…

Le koala sur le départ,

Adeline


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C’est bien connu, les gascons sont un peuple affable et ouvert, un peu fêtard et le c½ur sur la main. Je le sais, j’en fréquente une depuis onze mois et demi. Nos nouveaux copains ont une qualité en plus : le sens de l’aventure. Parce que non seulement, ils ont patiemment écouté nos histoires rocambolesques qui vont de mésaventures en coups de malchance, mais en plus, ils acceptent de partir trois jours avec nous, coincés en huis clos avec les s½urs koalas et leur désormais poisse légendaire.

Et ils n’ont pas été déçus.

Départ lundi matin (matin gersois, midi quoi). Grande effervescence au backpacker de St Kilda : entre deux lampées de café, on range nos sacs et on consulte en vitesse quelques cartes concernant notre itinéraire. A quoi bon trop préparer, on sait que les imprévus vont faire partie du voyage. Mais quand même…Notre destination : la Great Ocean Road, route touristique de 300 kms surplombant les paysages exceptionnels de la côte du détroit de Bass, au sud de Melbourne.

Notre voiture est superbe, notre chauffeur Fred gère le trafic melbournien, les trams au milieu des routes et les indications aléatoires que je lui donne. On s’émerveille notamment devant la petite caméra qui s’enclenche lorsque tu passes la marche arrière et te permet de voir si tu n’écrases pas le chat ou la grand-mère lorsque tu recules. Un petit bijou de technologie cette Ford ! (information à mettre derrière l’oreille).

Les premiers kilomètres se passent bien, il n’a plu qu’un peu, et bientôt la côte se dévoile devant nos yeux ébahis en dégradés de gris. Jusque-là, rien de bien extraordinaire pour nous. C’est juste que la ville de Melbourne vit en ce moment une vague de chaleur et d’ensoleillement exceptionnels apparemment. Il était normal qu’il pleuve et fasse froid quand on décide de partir. Mais, on ne va pas se plaindre, il pourrait y avoir du brouillard…

A la sortie de la ville, changement de chauffeur. Je m’installe au volant de la rutilante grosse auto et commence à apprécier la maniabilité dans les virages. Un peu trop peut-être. Jusqu’à ce que, sur ma droite, quelques lumières clignotantes et un doigt pointé dans ma direction me ramènent à la réalité. Nathalie, au téléphone avec sa maman, tente de la rassurer en lui assurant qu’il ne s’agit que d’un contrôle. C’est sûr, pourtant, ce n’est pas un contrôle !Je me gare comme je peux, en tâchant de contenir une crise de rire nerveux qui monte. Pas vu un flic contrôler les bords de route depuis onze mois, même quand on voyageait sur 3000kms sur la côte est avec un van pas vraiment aux normes légales. Là, je fais 100 kms sur des petites routes, je traverse un patelin désert limité à 60km/h (que je franchis à peine à 86…normal quoi), et je me fais attraper ! La grande injustice de ce monde, c’est que 30 minutes plus tard, un bourrin va me doubler comme un Fangio, et dans un virage, mais là, pas de doigt pointé et de visage antipathique…évidemment.

On est donc là, garés sur le bas-côté, le regard fixé dans le rétroviseur d’où je peux voir le visage fermé de l’officier de police se rapprocher. Pas un bonjour australien mais un accent horrible qui demande mon permis de conduire. Je sens qu’il n’y a pas moyen de négocier sur ce coup-là. Je tente quand même la technique de la jeune fille innocente lorsqu’il me dit qu’il va me donner une amende, ça marche en France. Mais lui ne se laisse pas attendrir par l’innocence. Ni l’accent français. Et je suis 20km/h au-dessus de la limite, c’est un délit qu’il dit. Résultat des courses : 227 dollars d’amende, 3 points en moins. Et mon visage déconfit. Un bon début !

On finit quand même par repartir, je râle dans ma barbe sur les cinquante kilomètres suivants, tout en me confondant en excuses sur ma conduite un peu laxiste concernant la signalisation. Mes compagnons de route s’en fichent, ils ont une bonne histoire à raconter  (et l’amende est à mon nom!)

Le soir, on s’installe dans un petit camping gratuit, un peu à l’écart de la Great Ocean Road. Il y a quelques vans et voitures mais on se trouve un petit coin tranquille. La bonne humeur est revenue est j’exhibe mon PV tel un trophée. On se raconte les meilleurs moments de la journée avec une emphase sur ma tête lorsque j’ai entendu le montant de l’amende. Et comme les gersois, ça aime papoter, on va prolonger nos blablatages dans la voiture, autour de quelques verres de vin jusqu’à tard dans la nuit, ponctués de rires et la radio en sourdine. A un moment, quand même, on s’inquiète de savoir si on ne va pas décharger la batterie de la voiture mais Fred, le garçon-qu’on-écoute-sur-les-problèmes-mécaniques-puisque-c’est-un-garçon, nous répond : « noooonnn, ça ne consomme pas beaucoup la radio ! ». Rassurées, nous nous endormons comme des souches.

8h du matin, un brouillard dense masque le sommet des arbres et une petite pluie fine tombe silencieusement. Le temps est plus pourri que jamais. J’ouvre un ½il, tout le monde dort encore, je suis désespérée : on ne verra absolument pas la côte avec un temps pareil ! Le mieux est de s’accorder une grasse matinée en espérant que le temps se lève un peu en début d’après midi. Les autres campeurs sont déjà partis et on est seuls à présent. Je me rendors lourdement.

Midi ! Quelques rayons de soleil timides percent les nuages, on est dans les préparatifs du départ. Tentes rangées, voitures nettoyée, passagers assis et ceintures bouclés. Beaucoup de choses à voir aujourd’hui, la route est encore longue. Fred tourne le contact. Deux cliquetis. Rien. Sourire nerveux, regards en coins. Second essai : clic, clic, silence. C’est pas possible, on est en panne au milieu de rien ! Un bijou de technologie cette Ford mais pas un système pour économiser la batterie !! Une rapide considération de la situation montre que nos téléphones portables ne fonctionnent pas ici, qu’il n’y a personne autour et que le seul moyen est rejoindre la route principale à pied, arrêter une voiture et demander de l’aide. D’un pas décidé mais ne sachant encore pas vraiment comment m’y prendre, je m’engage sur le chemin, bientôt rejoint par notre chauffeur.

On a de la chance (si, si quand même un peu !), la route n’est pas loin et assez fréquentée. On fait peur à quelques vieilles mais on réussit à arrêter deux personnes, gentilles, mais incapables de nous aider. Enfin, au bout d’un quart d’heure, Fred intercepte un 4X4. A son bord, notre sauveur du jour : Rick. Rick est australien, il a une grosse voiture puissante et des pinces neuves. Il veut bien aider mais Rick ne connaît visiblement pas grand-chose à la mécanique car lorsqu’il branche sa voiture sur la notre, il ne se passe rien. On passe alors au plan B : on monte dans le 4X4 de Rick qui entame la descente dans les virages jusqu’à la prochaine ville afin que nos téléphones captent. Et miracle de miracle, il va appeler lui-même la dame de l’assistance des naufragés de la route. Et bien heureusement car il va user de toute sa patience et de sa connaissance des environs pour expliquer à la bonne femme comment nous trouver. Avec notre anglais approximatif et notre accent, je pense qu’on y serait encore…

Une heure plus tard, c’est chose faite, la camionnette du dépannage projette un nuage de poussière en entrant dans le camping. Un petit bonhomme à lunette en descend, fait quelques branchements et notre moteur ronronne à nouveau ! L’équipée sauvage peut reprendre !!

Il est pourtant déjà tard, on aura juste le temps de contenter nos estomacs affamés avec un barbecue en bord de mer et de profiter de notre nouvel emplacement pour la nuit avec notre propre koala surplombant nos tentes. TROP JOLI !!

En fait, on va se rendre compte que le koala n’est pas rare dans le coin. Partout sur la Great Ocean Road, si tu lèves le regard dans les eucalyptus bordant la route, tu vois ces grosses boules de poil accrochées aux branches.

Dernier jour, on se lève de bon matin, on est quand même venus voir du paysage et pour l’instant, on n’a pas vraiment profité des vues spectaculaires promises dans les brochures ! Le temps est parfait : clair, ensoleillé mais pas trop chaud. La voiture fonctionne, je respecte les limitations de vitesse. Les paysages défilent, on commence à en profiter. On s’arrête aux plateformes d’observation et les brochures ne mentaient pas : le spectacle est à couper le souffle. D’autant qu’on a vraiment l’impression de l’avoir mérité !

Fin d’après-midi, on marche le long d’une plage magnifique. Il fait chaud mais l’eau est fraiche et d’énormes rouleaux viennent se fracasser à nos pieds. Quelques surfeurs s’y mesurent. Evidemment, les plus courageux d’entre nous, enfin, les plus inconscients, enfin, les trois gersois quoi, commencent à s’avancer un peu dans l’eau et à se chercher pour savoir qui va mettre qui sous une vague. Victime désignée : Karine. Je garde les objets électroniques au sec sur la plage et j’en profite pour bombarder l’action de photos. Je ne sais pas encore que je vais assister à un drame : la quasi-noyade de Karine. La bataille gersoise n’a pas tourné en sa faveur et elle va manger une première vague. C’est drôle. Mais la force de l’eau va l’empêcher de se relever à temps avant qu’elle n’en ramasse une seconde qui va la plaquer au sol et l’entrainer vers le large. On est tous bouche-bée de la rapidité de la scène. Finalement, Nathalie va l’attraper par une main et la sortir de l’eau, assistée de Fred pour la relever. Soulagée de ne pas avoir perdue notre copine, je recommence à prendre quelques images. Et on s’autorise un bon fou rire. En remontant vers la voiture, on remarque un panneau signalant que la baignade est interdite…

Je conclus en précisant que nous sommes tous rentrés sains et saufs, en parfaite santé et pas traumatisés. La voiture ne souffre d’aucuns problèmes non plus. Mission achevée, pas vraiment de façon orthodoxe, mais on a finit par la faire cette Great Ocean Road. Merci le Gers d’avoir engendré des gens aussi dingues et aussi sympathiques.

 

Le koala qui a envoyé une demande pour devenir Gersoise,

Adeline


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Erratum et Bis repetita

 08-02-2009 -  Australie

Journaliste sportif de pauvres. Je dois rectifier quelques erreurs dans le précédent article sur l’Open d’Australie. Ce n’est pas Gilles Simon mais Andy Roddick qui s’est fait éjecter en demi-finale par Federer. Deuxièmement sur l’orthographe. Jim Courier n’avait qu’un seul R et Rafaël s’écrivait avec un F. Toutes les excuses de la rédaction aux moyens limités.

Rectifications faites passons à la suite de l’histoire. La finale. Nadal contre Federer.

Depuis que j’ai assisté au dernier set de la demi-finale de l’Open d’Australie, certains éléments ont changé dans ma vie. Je me suis découvert une passion pour les pages sports des journaux, je me prends à rêver à parler espagnol et j’ai Raphaël Nadal en fond d’écran. Une vraie photo bien sûr ! Ainsi au moment même où j’écris cet article un homme s’arrête quelques instants devant mon écran. « Eh ! Moi j’ai Roger sur mon PC ! » Je me sens en communion avec le monde.

 

Le dimanche 1er février, les KDS, dont la nouvellement convertie Adeline, n’ont pas pu résister à visionner la finale en compagnie de la populace devant le stade Rod Laver Arena. Cette fois-ci elles ont été accompagnées par deux parisiennes Morgane et Laurine.

Première surprise : La foule a été multipliée par trois. Rouge de bonheur suisse et espagnol, les groupes de supporters démontrent leur joie devant les télévisions du monde entier dont un petit chinois qui se fait dépasser par l’enthousiasme.

Lorsque le numéro 1 rencontre le numéro 2, les nations se déplacent. « Let’s go, Rafa, let’s go », « Come on Roger ». Des petites filles chantent à tue-tête pour le héros suisse devant le journaliste de la 7. Une femme encourage Nadal de cris hystériques « COME ON YOU SEXY THING !! ». Oui, Nadal est sexy. Ce sont d’ailleurs des voix féminines qui hurlent son prénom. Federer l’homme et Nadal le jeune premier font tourner les têtes, même de celles qui n’aiment pas le tennis.

Pourtant le tennis est là. Les joueurs en veulent et se remettent de situations ardues. Pirouettes et cascades. On se croirait dans un film de kung fu. Federer ralentie la balle, Nadal enchaîne les aces. Ils s’amusent et nous aussi. Ils ne sont pas à leur place par hasard et ça se sent. Loin des 59 minutes de la finale femme où Serena Williams à écraser la s½ur à Marat Safin, sans panache.

Le spectacle est presque aussi beau que celui sur la pelouse devant l’écran géant, quasi muet. Un supporter entraîne la foule à réclamer du son, trop faible sous le tumulte. Espagnols et Suisses jouent à celui qui hurlera le plus fort. Après environ quatre heures et demi à avoir soutenu Nadal, on aimerait d’ailleurs bien être espagnol quand il finit par mettre à terre Roger Federer.

Le suisse n’égalera pas aujourd’hui le titre de Sampras avec 14 titres du grand Chelem. A 22 ans, Rafaël Nadal, lui, restera dans l’histoire comme le premier espagnol à avoir gagner l’Open d’Australie.

Le match se termine à minuit trente et la foule se dirige lentement vers les portes. On tente un deuxième coup de bluff pour rentrer voir la remise des prix. Quelques tentatives plus tard, nous voilà à l’intérieur du temple interdit, la Rod Laver Arena. On reconnaît d’autres galériens de l’écran géant qui ont réussi à se faufiler, souvent grâce aux yeux aimablement fermés des vigiles. L’émotion à la gorge, le tiers-état profite du privilège de voir les héros, en vrai. Federer en bleu, Nadal en rouge. Le suisse, les larmes aux yeux ne trouve pas ses mots et cède sa place à l’espagnol. « Je sais ce que tu ressens aujourd’hui Roger, mais souviens toi que tu es l’un des plus grands joueurs de l’histoire ». C’est vrai. Federer est 9ème  de toutes les légendes du tennis. Et Nadal le respecte. Le tennis c’est surtout cette image du toujours n°1 et du toujours n°2 dans les bras l’un de l’autre, leurs récompenses à la main. Encore un petit moment volé pour les KDS.

Veni, vidi, vici.

Nathalie, le koala latino.


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Allô maman, c'est bébé...

 06-02-2009 -  Australie

... qui rentre à la maison.

C'est officiel notre retour sera le 18 février à 14h à l'aéroport de Toulouse Blagnac.

364 jours exactement après notre départ. Attendez-nous avec des pulls, de la nourriture et vos sourires.

Les koalas vont bientôt descendre de l'arbre.


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43°. On se met à prier pour qu’il gèle en enfer lorsque, sacs sur le dos, nous tentons  désespérément de rejoindre le backpacker à travers le labyrinthe des tramways. Le numéro de l’hôtel est le 333 et, tout logiquement, il se trouve après le 517. Le désespoir nous prend en changeant pour la quatrième fois de tramways. D’étuve en étuve, on se demande pourquoi on s’inflige ça à nous même. Et nom de Zeus, pourquoi fait-il des températures caniculaires dans la ville qu’on avait jusque là associée à la pluie ? Ils n’avaient pas vu ça depuis 7 ans les Melbourniens !

L’explication serait-elle dans l’affrontement le lendemain de deux espagnols à l’Open d’Australie ? Raphaël Nadal rencontre son compatriote Fernando Verdasco. On raconte que chaque année quelqu’un fait cuire un ½uf sur le cours de tennis. Tout à fait crédible. Quel soulagement lorsqu’on se rend compte que la demi-finale se jouera à partir de 19h30 lorsque l’air commence à être respirable !

Les places dans l’arène sont de 179 à 200$. Pour voir les gladiateurs il nous faudrait dormir dehors pendant une semaine. Pas de panique. Il existe le ticket du pauvre, celui qui pour 19$ permet de rentrer dans le complexe autour de l’arène, d’assister aux matchs secondaires et de profiter de l’écran géant en partageant « Hoooo » et « Ahhhh » avec les autres galériens.

L’Open d’Australie, ça sonne comme un nom de province de conte de fées sur ma petite liste de « A faire en Australie ». Juste à côté de « voir des baleines » et « nager dans la barrière de Corail ». Le timing ne semblait pas bon, je ne pensais même pas pouvoir le voir à la télé. Et me voilà devant les portes du Melbourne Park à sortir mon billet fébrilement. Là, à quelques mètres, deux des meilleurs joueurs mondiaux et des spectateurs qui ne réalisent pas leur chance. Qu’à cela tienne, allongés dans l’herbe ou assis sur des chaises droites, la deuxième classe va s’enflammer à chaque balle. Avec Fred et Karine, nos amis gersois, on a les yeux qui brillent et le c½ur qui bat.

Le tennis est à jamais associé à mon grand frère Bernard faisant sa pause entre deux révisions d’examen pour venir se planter devant Roland Garros. Déjà professeur dans l’âme, il expliquait patiemment les règles à la petite fille bruyante que j’étais. Lorsque, surexcité, il avait ramené la cassette de la Coupe Davis 81 à la maison, j’avais inventé une chanson pour me souvenir des vainqueurs français. Ils me sont revenus naturellement en voyant les portraits de Nadal et Verdasco à l’entrée de l’arène. Delâtre, Santoro, Boesh(que je n’ai jamais su écrire), Forget, Noah et Leconte. Je n’y comprenais pas grand-chose si ce n’est que c’était légendaire. A l’autre bout du monde, dans l’un des plus grands tournois, on a tous pensé très fort à celui ou ceux qui nous on fait aimer le tennis. Ou Nadal dans le cas d’Adeline.

C’est parti pour un premier set mis en scène comme un thriller. Surprise. Alors que Gilles Simon s’est fait aisément dominer par Federer dans l’autre demi-finale, Fernando Verdasco ne lâche pas un bout de terrain et emporte le premier set à la surprise générale. Il parait que Nadal n’en avait pas perdu un seul depuis le début du tournoi. Le ton est donné. Ce match n’est pas qu’une formalité. Chaque jeu est une bataille. Chaque set, un suspense. Verdasco colle Nadal aux talons. A moins que ce ne soit l’inverse.

Mais alors qu’assis dans l’herbe on ne lâche pas l’écran des yeux, débattant des qualités techniques du tee-shirt moulant de Nadal ou de celui, fluide, de Verdasco, certains privilégiés quittent le stade et donnent leurs billets à qui est le plus rapide. Fred nous envoie un message. Il a réussi à rentrer. Adeline commence à se lamenter sur notre manque de chance. Un peu comme lorsqu’on se lamentait de ne jamais voir des baleines. Vous voyez où j’en viens ? Deux minutes plus tard, Karine vient nous rejoindre. « Eh les filles, il y a quelqu’un qui m’a donné deux billets pour rentrer ». Ni une, ni deux on se précipite vers l’arène. La bière dans nos mains tombant à moitié par terre. On fait un arrêt pour jeter un coup d’½il à l’écran géant. Nadal change de tee-shirt et on a manqué celui de Verdasco. Adeline et Karine sont les premières à rentrer. Dans le couloir je trépigne devant l’écran de télévision. Adeline revient me donner sa place. Je monte les escaliers, le précieux sésame en main. Dessus, le nom d’une inconnue à qui je dois l’un de mes plus beaux moments en Australie. Je suis à l’Open d’Australie. Pour le dernier set de la demi-finale.

Je rejoins Karine qui jubile dans un coin. On a toute les deux les larmes aux yeux. Nous ne devrions pas être là. Malgré le ticket en main nous avons toujours peur qu’un homme en costume bleu vienne nous le rappeler. Je jette des coups d’½il inquiets à Adeline restée en bas du couloir. Je vois qu’elle discute avec les vigiles. Je me précipite en bas pour voir si tout va bien à la fin du jeu. Je veux voir si elle ne s’ennuie pas trop et si elle voir un peu le match. Mais nous voilà coincées. Ils ne laissent rentrer personne pendant l’action pour ne pas gêner les autres spectateurs. J’attendrais ainsi 3 jeux en trépignant devant un écran de télévision avant de réintégrer l’arène. Adeline me dit de ne pas redescendre mais je suis triste de ne pas partager ça avec elle. Je cherche une place et la voit qui monte les escaliers. « La femme m’a dit de prendre une place vide et de ne pas bouger. » Les vigiles ont vu notre manège et ils ont eu pitié d’Adeline coincée une demi-heure en bas alors que ses copines, en haut, étaient dans l’action. Karine a disparu, on apprendra ensuite qu’elle a trouvé une place au deuxième rang d’où elle vous a ramené ces magnifiques photos. On s’assoit aux premières places disponibles et on profite nos grands yeux ouverts.

Derrière nous, des fans de Verdasco, ça tombe bien. De temps à autre, le silence est ponctué d’un « Bravo Fernando » à l’accent espagnol. Jamais nous n’avions vu autant de nos voisins en Australie. Jamais, non plus, je n’avais autant aimé l’Espagne. Les deux joueurs, amis dans la vie, ne se font pas de cadeaux et chaque balle est un défi. 2 set chacun, 5 jeu à 4 et 40 à 0 pour Nadal. Nadal pleure. Il est à une balle de la victoire. Mais Fernando ne veut pas mourir aussi vite. Il nous offre encore deux superbes balles et revient à 40-30. On se remet à y croire. Il s’effondre. Une première faute. Puis une deuxième. Epuisé Verdasco s’est battu jusqu’au bout de ses forces mais a perdu.

C’est fini, le dernier jeu que j’espérais n’existera pas. Je ferme les yeux pour intégrer l’information. Lorsque je les rouvre, c’est sur les deux joueurs à terre. Verdasco de douleur, Nadal de joie. Ce dernier traverse le filet pour consoler son ami et son digne adversaire. Cette embrassade est légendaire comme le match qui l’a précédé. Verdasco part un peu vite mais sous l’ovation du public debout.  

On annonce Jim Courrier pour interviewer Raphaël Nadal. Il lui apprend qu’il vient de mener le match le plus long de l’histoire du tournoi. 5h14 de bataille. Nadal affronte Federer deux jours plus tard mais Courrier se demande si ce match peut-être plus beau que celui-là. Tout est dit. Que Federer gagne ou pas, le match le plus intense de Nadal sera sans doute celui contre son compatriote.

Le lendemain, le « Herald Sun » titre « As-tu entendu les acclamations Fernando ? ». Moi elles résonnent encore dans mon oreille, juste à côté des cris de joie de trois gersois et une tarnaise qui n’en reviennent toujours pas. Le match a fini comme on s’en doutait mais s’est déroulé mieux qu’on pouvait l’imaginer.

 

Nadal est le vainqueur… mais Verdasco le héros.

 

Nathalie, petit koala journaliste sportif.

 

PS : Appel aux lecteurs. Si quelqu’un pouvait me récupérer « L’Equipe » en France ce serait vraiment merveilleux !!!

http://www.lequipe.fr/Tennis/AUS_09_3001_H.html


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L'Esprit de la Tasmanie

 31-01-2009 -  Australie

Nous volons à nouveau de nos propres ailes et avons laissé derrière nous nos hôtes français pour rejoindre le continent. Et nous expérimentons un dernier moyen de transport : le ferry mastodonte des mers. Rien à voir avec ces petits bateaux qui traversent un détroit ou un bras de mer pour te porter sur une île minuscule et dans lesquels tu te sens balloté et à la merci des éléments. Non, le Spirit of Tasmania est un énorme bateau, dix ponts, des restaurants, des bars, une salle de jeux, un casino, un cinéma, un centre d’information des visiteurs, une boutique de souvenirs et des centaines de cabines…ça fait son petit effet Titanic évidemment et on a passé quelques joyeuses minutes à se courir après dans les couloirs étroits (et à s’y perdre !). Et hormis un petit tangage occasionnel et la vibration des moteurs sous tes pieds, tu as du mal à te rendre compte que tu es en pleine mer !

La traversée s’est faite de nuit, on a été les premières à embarquer, on a pu en profiter pour découvrir le bateau à notre guise, entièrement vide. Au final, on n’était quand même pas bien nombreux à bord. Impression de grand et vide.

Grace aux conseils avisés de nos amis gersois qui avaient pris le même bateau quelques jours plus tôt, nous avons pu manger pour pas cher et ainsi profiter d’un verre de vin dans un des salons. Le tout au son d’un chanteur à guitare et face à la déconfiture en direct d’un petit français à l’Open d’Australie. Nous sommes également allées au cinéma, enveloppées dans nos couvertures (au passage, je précise que les couvertures fournies par TT line grattent et piquent !). Puis, nous avons sagement rejoint nos sièges inclinables avec vue sur la mer pour quelques heures de repos. A notre grande surprise, c’était très confortable à côté des divers sièges de bus, d’avion ou de train dans lesquels on a déjà dormi.

Réveil à la lampe agressive en pleine poire à 5h du matin, accompagné de la douce voix d’une hôtesse nous signalant que les côtes sont en vue et que nous arriverons avec un quart d’heure  d’avance. C’est pas possible ces transports australiens toujours en avance !! Péniblement, on s’extrait de nos sacs de couchage pour descendre prendre un café alors que le soleil n’a pas encore teinté l’horizon. Au loin, on voit le dessin de la côté tracé par des milliers de lumières et tout autour de nous, quelques bateaux tout éclairés, le spectacle est superbe.

On entre lentement au port pendant que l’on se caféine doucement, le soleil se lève sur les tours de Melbourne, il est 6h du matin.

On suit bêtement les gens car on n’a pas vraiment compris la procédure de débarquement annoncée au micro. Je précise que l’on retrouvera quand même nos valises et le chemin de la sortie assez facilement.

Melbourne se réveille, il fait déjà au moins 30°C. La chaleur nous scotche à la porte. On a toujours eu froid à Melbourne, qu’est-ce qui se passe ?? Prévision des prochains jours : du feu qui tombe, ciel bleu azur et températures oscillant entre 42 et 43°C…Et dire qu’on n’a pas encore de logement et qu’il faut trainer ces satanés bagages à travers la ville.

Assises sur un banc devant le port, entourées de nos valises, agressées par les mouches et déjà en sueur, on prend une petite pause avant une longue, longue journée…

 

Le koala dans la croisière s’amuse,

Adeline


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Au revoir à nos hôtes

 31-01-2009 -  Australie

Déjà neuf jours que nous donnons un petit coup de main à nos hôtes Rémi et Ginette. Pourtant, déjà, l’aventure nous appelle à nouveau sur le continent. Ben oui, c’est pas que notre visa s’achève bientôt…mais presque ! Dans trois semaines, nous retrouverons nos foyers chéris, nos mamans et un trois repas par jour. Avant ça, il reste quelques petites choses à faire et à voir en Australie, du côté de Melbourne. Puis on se cale à Sydney pour la dernière semaine, la boucle sera bouclée.

C’est notre dernier après-midi en Tasmanie. Il fait très chaud sous notre petit toit de tôle. A la radio, on a entendu qu’il faisait quelques 40°C à Melbourne, 44°C à Adelaïde. Ici, il fait frais en comparaison du continent ! On va souffrir dès demain. Mais bon, il est plutôt temps qu’on expérimente la chaleur légendaire du pays…Parce qu’à part la semaine à Kakadu et quelques journées suffocantes à Port Douglas, la chaleur, on ne l’a pas trop ressentie ! (On ne s’en plaignait pas trop quand même).

On s’est plutôt bien entendues avec nos hôtes durant ce séjour et j’avoue que cette expérience nous a réconciliées avec le principe du Wwoofing. Comme quoi, il y a aussi des gens qui vous accueillent chez eux sans vous exploiter, avec le sourire et l’envie de partager. C’est ce qu’on cherchait. Nous allons beaucoup regretter les bons petits plats de Rémi, enchanté de nous faire gouter ses rillettes maison, sa dinde confite, ses soupes de poisson ou d’oignon, des tripes qu’il gardait depuis une éternité dans le congélateur faute d’amateurs pour partager. Et cuisiner des abats ! Il n’y a bien que les français pour aimer ça… Ginette nous initie au piment dans tous les plats, à la mode réunionaise. Et on déguste chaque plat avec une gourmandise ostensible.

Notre travail a semblé apprécié, nos hôtes veulent nous garder plus longtemps ! C’est que Nathalie en a arraché des mauvaises herbes dans le jardin. Peut-être même un peu trop car, emportés par son élan, quelques pieds de violette ont fini dans la brouette…De mon côté, ce sont quelques pousses de wasabi qui ont disparu de l’endroit où Ginette m’avait indiqué. Jamais pu me souvenir à quoi ça pouvait bien ressembler…

On a aussi gratté les murs de la maison, taillé quelques arbres, fais le ménage dans les chambres, le service dans le petit restaurant, la vaisselle, ramassé de la camomille, du tilleul ou des mûres…Rarement plus de quatre heures par jour et dans une ambiance détendue, voire amusante, au gré des humeurs de chacun.

Les après-midi étaient libres, parfois même un peu longues. On a pu se reposer, faire quelques siestes, réviser notre coréen et exceller dans l’art délicat du puzzle. Oui, c’est vrai, on s’est un peu ennuyées ces après-midis-là ! Mais cette courte pause dans notre vie désorganisée et incertaine nous aura permis de recharger les batteries et de se sentir prêtes à affronter les dernières semaines trépidantes qui nous attendent. Et de rencontrer un couple vraiment adorable dont on a aimé partager le quotidien…

 

Le koala, en route pour de nouvelles aventures (pour la dernière fois),

Adeline


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Toujours pas douee avec l informatique

 30-01-2009 -  Australie

on est a melbourne mais les temperatures nous decouragent un peu de mettre le nez dehors pour se brancher a la connexion internet de la bibliotheque. on reste donc au backpacker la journee. ya bien un acces internet mais j arrive pas a lire ma cle usb sur ces ordi donc inpossible de publier articles et photos. quant au wi-fi, on a perdu tout espoir d en capter a nouveau un jour! tout va bien pourtant, on a retrouve nos amis gersois et on profite de l ambiance detendue du quartier de St Kilda.

a tres vite pour articles et photos (J espere!!)

le koala marre des trucs compliques,

Adeline


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